| Les chiens du guet |
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Les chiens du guet (du mot « guet », anciennement utilisé pour désigner une surveillance nocturne) étaient une meute de chiens de garde que l'on lâchait à la nuit tombée sur la grève entourant les remparts de Saint-Malo, afin d'en assurer la protection : dissuader les intrus (puissances étrangères ennemies, pirates et corsaires) d'attaquer la ville ou de piller la cargaison des navires accostés dans le port et dans les chantiers navals. Ils étaient lâchés durant la période du couvre-feu, lorsque les portes de la ville étaient fermées, afin qu'ils n'attaquent pas les habitants. Ces derniers étaient avertis le soir qu'ils devaient rentrer par le clocher de la cathédrale, et le matin qu'ils pouvaient sortir au son d'une trompette.
Les chiens du guet (du mot « guet », anciennement utilisé pour désigner une surveillance nocturne) étaient une meute de chiens de garde que l'on lâchait à la nuit tombée sur la grève entourant les remparts de Saint-Malo, afin d'en assurer la protection : dissuader les intrus (puissances étrangères ennemies, pirates et corsaires) d'attaquer la ville ou de piller la cargaison des navires accostés dans le port et dans les chantiers navals. Ils étaient lâchés durant la période du couvre-feu, lorsque les portes de la ville étaient fermées, afin qu'ils n'attaquent pas les habitants. Ces derniers étaient avertis le soir qu'ils devaient rentrer par le clocher de la cathédrale, et le matin qu'ils pouvaient sortir au son d'une trompette.
Description et historiqueLes chiens du guet étaient entretenus aux frais de la commune qui, pour couvrir ces dépenses, avait institué un impôt appelé « droit de chiennage ». Des officiers municipaux appelés « chiennetiers » étaient chargés de les dresser, les nourrir, les lâcher au coucher du soleil, et les ramener quand le jour se levait[1]. Quant à leur race, il s'agissait vraisemblablement de dogues si l'on en croit le blasonnement qui les décrit [?]. Ils ont été instaurés en 1155, et ont assuré leur fonction jusqu'au 7 mars 1770, date à laquelle ils ont dévoré un officier de marine du nom d'Ansquer de Kerouartz[2], qui avait tenté de forcer le passage et d'escalader l'enceinte : suite à cet accident, la municipalité a donné l'ordre de les empoisonner[1]. Références aux chiens du guetIls ont donné leur nom à la rue et à la place du Guet, parce qu'elles se trouvent à proximité du Bastion de la Hollande. Une loge avait en effet été creusé sous ce dernier lors de sa construction en 1674, afin d'accueillir le chenil où ils étaient tenus enfermés la journée (ils étaient auparavant logés près de la porte Saint-Thomas)[3]. De nos jours, l'hôtel-restaurant qui s'est installé au numéro 4 de cette place a choisi de se nommer Les Chiens du Guet. Son enseigne reprend la tête des dogues qui figure sur les armoiries les plus récentes [?]. Les chiens malouins ont gardé une réputation de chiens dangereux même longtemps après la disparition des chiens du guet. Ainsi, à quelqu'un se rendant dans cette ville, il était d'usage de souhaiter « Bon voyage, Monsieur du Mollet », par allusion aux mollets, la partie de l'anatomie la plus exposée aux morsures de chiens[1]. LittératureLa Marquise de Créquy relate dans ses Souvenirs, tome III, chapitre VI :
Chateaubriand, natif de Saint-Malo, fait aussi référence aux chiens du guet dans ses Mémoires d'outre-tombe, chapitre 4, livre Ier :
Victor Hugo évoque également leur existence dans les Travailleurs de la mer, livre 5, chapitre 1 :
Enfin en 1996, Saint-Malo est surnommée La Cité des dogues par Jean Failler. Le titre de ce roman policier[4], huitième volume de la collection Les enquêtes de Mary Lester, joue sur la paronymie avec l'expression « la cité des doges », qui est une périphrase employée pour désigner une autre ville célèbre : Venise. HéraldiqueAnciennes armesParmi les différents sceaux que la ville de Saint-Malo a successivement adoptés, l'un faisait référence aux chiens du guet. Son blasonnement est : Mais on trouve également l'inverse, à savoir :
notamment sur un timbre-poste émis le 20 avril 1984, fruit de la collaboration entre les services postaux français et canadien, à l'occasion du 450e anniversaire de la découverte du Golfe du Saint-Laurent par le navigateur malouin Jacques Cartier[6]. L'écu était parfois accompagné de la devise Cave canem[5], qui se trouvait à l'origine inscrite à l'entrée des demeures romaines pour mettre en garde les visiteurs contre la férocité du chien montant la garde. Au XXe siècleAu XXe siècle, Robert Louis, artiste héraldiste auprès des services officiels de l'État français, dessine de nouvelles armoiries pour un certain nombre de communes, et notamment pour Saint-Malo. Il y intègre deux dogues dans les ornements extérieurs de l'écu, en tant que supports de ce dernier (qui reprend quant à lui l'hermine, motif apparaissant sur les autres blasons que Saint-Malo a arborés au cours de son histoire). Ces nouvelles armoiries ont été adoptées par un arrêté municipal du 26 mars 1949.
Les passages du blasonnement concernant les dogues sont les suivants :
Robert Louis en fait ce commentaire :
Ces nouvelles armes figurent notamment sur les plaques d'égout qui équipent les trottoirs de la ville ; elles ont été réalisées par la fonderie Sonofoque. Voir aussiRéférences
Articles connexesBibliographie
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